Les chevaux n’aiment pas le pansage !

Selon une étude, ils seraient seulement 5% à éprouver du bien-être pendant le pansage…

Une expérience menée par Léa Lansade avec L’IFCE (Institut Français du Cheval et de l’équitation), a démontré que 95% des chevaux présenteraient des signes d’inconfort pendant le pansage. De quoi nous interroger sérieusement sur notre manière de faire. 

Cette étude repose sur l’observation minutieuse de 69 cavaliers, répartis en plusieurs catégories de niveau :

  • 18 cavaliers dont le niveau allait de 0 à 4
  • 25 cavaliers confirmés (Galop de 4 à 7)
  • 9 propriétaires d’équidés
  • 17 professionnels du monde équestre

Dans une première partie, les examinateurs se sont contentés d’observer avec rigueur les cavaliers et leurs chevaux pendant les manipulations. Puis, dans une deuxième partie, ils ont effectué un pansage optimisé, qui prends en compte le langage corporel des chevaux.

Afin de réaliser la première partie de l’étude, l’équipe s’est dotée de deux caméras : La première filmait l’opération dans sa globalité, et l’autre, était disposée de manière à pouvoir filmer l’expression faciale du cheval pansé.

Pendant tous le longs, ils ont noté que seulement 5 % des chevaux présentaient des signes de conforts :

  • Yeux semi-clos
  • Lèvre supérieure qui pends
  • Encolure basse
  • Recherche du contact avec le manipulateur

Au contraire, 95 % des autres équidés montraient des signes de stress / d’inconfort :

  • Évitement
  • Contraction du bassin, du dos, ou du ventre
  • Menace
  • Mors le mur
expression faciales du cheval
Expressions faciales du cheval expliquées

Ci-dessus, l’expression d’un cheval dans une situation d’inconfort. Yeux ouverts, lèvres crispées, positionnement des oreilles orientées vers l’arrière, et une encolure haute, sont autant de code que l’on se doit d’y prêter attention.

C’est pendant le pansage que les examinateurs ont également remarqué que tous les cavaliers ont eu, à un moment ou à un autre, eu un geste, une action qui aurait pu les mettre en danger, et ceci indépendamment de leur niveau. Par ailleurs, neuf incidents sont apparus où le cheval a voulu soit mordre soit cogner à moins de 10 cm des fesses (ou autre partie du corps) du manipulateur.

Pour finir, les enquêteurs ont conclu ce qui suit :

  • Le pansage est plus souvent une source d’inconfort pour les chevaux que de bien-être.
  • Il n’y a pas de réelle amélioration de cette pratique avec l’expérience, sans doute lié au peu d’importance que l’on y accorde et à la quasi absence de sensibilisation et de formation.
  • Ces chiffres permettent d’expliquer en partie le taux d’accident à pied.
  • Il y a clairement un besoin de sensibiliser et de former à cette pratique.

Fort de ce résumé peu flatteur pour notre sens de la bientraitance animale, les enquêteurs transitèrent alors sur la seconde partie de l’étude. Cette dernière consistait à appliquer une méthode de pansage « optimisé » afin de réduire au minimum les signes d’inconfort et renforcer au maximum les marques de bien-être.

Pour cela, les examinateurs ont pris vingt-sept juments Welsh de l’Inra de Nouzilly âgées de deux à trois ans, peu manipulées par l’homme jusqu’alors, afin que leurs réactions soient le plus naturelles possible.

En vue de mener l’expérience à bien, l’équipe s’est équipée des même caméras aux même endroits, et séparèrent le groupe en deux :

Le premier groupe allait être pansé de la manière habituelle, c’est-à-dire que le manipulateur ne va pas faire attention au langage de la jument et va passer la brosse partout, sans prendre de précaution particulière, on le nommera « groupe S ».
Le second, lui, allait être pansé de façon optimisé, c’est-à-dire, que le pansage sera accompagné par un massage de 4 minutes sur les zones réceptives au massage puis un pansage où le manipulateur va favoriser les endroits où la jument manifeste son bien-être, et éviter ceux où celle-ci présente des signes d’inconfort, on le nommera le « groupe O ».

http://massage-equin-normandie.blogspot.com/
Un cheval se faisant masser.

Les juments ont donc été manipulées pendant 10 minutes sur 11 jours. A la fin de l’expérience, les résultats tombent :

  • 100 % des jument présentent dans le premier groupe (groupe S) montraient des signes de mal-être
  • 100 % des juments du deuxième groupe (groupe O) présentaient des manifestations de bien-être

Les enquêteurs ont observé par ailleurs que les chevaux du groupe S développaient davantage de réflexes de défense que le groupe O (qui n’en a développer aucun) et que cela pouvait être à l’origine de nombreux accidents à pieds.

Cette étude démontre que tous cavaliers, quel qu’il soit, doit en toutes circonstances, être à l’écoute de son compagnon à quatre pattes, même si ce-dernier n’a jamais créé d’accidents.

Pensez-y ! 😉

Source : http://mediatheque.ifce.fr/doc_num.php?explnum_id=21206

 

 

 

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