Sharing is caring!

Vous voulez acheter un cheval réformé, et vous vous posez des questions ? Voilà quelques éléments de réponses.

Comprendre la vie d’un cheval de course

Avant tout, le cheval de course en devenir né dans un élevage ou un haras. Avant un an, il est appelé foal, et passe sa vie au pré. Après cette première année, à l’âge deux ans, le yearling commence à être débourré chez les entraîneurs. 

Après cela, il doit passer les qualifications, c’est l’examen du futur cheval de course. Il doit parcourir une distance de deux milles mètres en deux minutes chrono, au trot ou au galop selon la discipline. Si le cheval manque de vitesse ou, pour les Trotteurs, s’il a pris le galop sur plus de cinq foulées, le cheval est réformé.

S’ensuit ensuite l’étape de l’entrainement de deux à quatre ans. On les appelle poulains ou pouliche.  

A noter que l’âge où l’on considère qu’un cheval est « vieux » est de 10 ans pour les trotteurs, et de 4 ans pour les galopeurs.

Quand tout se passe bien pour lui, le cheval de course devient reproducteurs pour la génération suivante.

Les différentes catégories de chevaux réformés :

  • Les tous jeunes, entre le débourrage et le début des courses (entre 2 et 3 ans).
  • Les jeunes adultes, qui ont entamé une carrière de course (entre 3 et 10 ans).
  • Les blessés, tout âge confondus.

Les jeunes chevaux

Nos petits écoliers à poil se divise en trois groupes : Il y a ceux n’ayant jamais connus l’entrainement, ceux ayant été entraînés, mais ont échoués et enfin, ceux ayant courus quelques courses, mais ont perdus de trop nombreuses fois.

Ces jeunots sont réformés pour des raisons diverses et variés, mais la plupart du temps, c’est parce qu’ils ne courent pas assez vite, n’ont pas le mentale pour les courses (pas envie de courir, d’arriver en premier…) ou prennent le galop trop facilement.

♦ Les jeunes réformés peuvent être à différents stade ou mode de débourrage selon l’âge, et leur race (TF ou PS)/ Certains peuvent être débourrés à l’attelage mais non à la monte. Le point positif  c’est que vous pourrez le « façonner » à votre main, et construire une réelle complicité par la suite. S’il est déjà débourré (et selon son âge bien-entendu), vous devrez le retravailler quelques temps afin de lui apprendre sa nouvelle de cheval de loisirs.
Une jument et son poulain.

Les jeunes adultes

Les jeunes adultes, quant à eux, peuvent être réformés pour les même raisons, à peu de choses près : Ils ont perdu trop de courses, ne sont plus rentable, n’ont pas ou plus le mentale, ou prennent simplement leur retraite.

♦ Les jeunes adultes sont des chevaux ayant déjà courus, donc ont dans leur esprit, une certaine manière de fonctionner. Pour ces chevaux-là, il faudra entamer une reconversion complète. Le point positif est que vous n’aurez pas besoin de le débourrer, par contre, vous aurez un long travail de reconversion pour lui inculquer les apprentissages nécessaires au commencement d’une nouvelle vie avec lui, dans l’équitation de loisirs.
Photo d’illustration. Des chevaux dans un pré.

La douloureuse question des blessures

Le cheval de course est un athlète, et comme tout athlète, ses chances de se blesser sont bien plus grandes que les autres.  Les traumatismes et atteintes physiques (tendinites, déchirures etc…) ne sont pas rares, et même courantes, car les chevaux suivent un programme d’entrainement lourd, et intensif.

Si certaines blessures sont plus fréquentes et se soignent mieux, d’autres le sont un peu moins. Quoiqu’ il en soit, si vous décidez de sauver un cheval blessé, prévoyez bien un certain temps de repos, en veillant à son rétablissement.

Vous avez dans l’idée d’acquérir un cheval réformé… Posez-vous les bonnes questions

Rentrons maintenant dans le vif du sujet… S’il y a bien une question que vous devez vous poser, c’est bien celle-là : Pourquoi voulez-vous un cheval réformé des courses ? Pourquoi ne pas avoir un cheval ordinaire ? Est-ce… :

  • Parce qu’ils sont moins chers ?
  • Pour avoir un cheval tout en faisant un geste pour la bonne cause ?
  • Parce que vous aimez les challenges ?

Quoi que vous ayez répondu, gardez bien à l’esprit qu’avoir un cheval lambda ou un réformé, c’est le même coût d’entretien, mais pas le même en temps.

Pourquoi ?

Parce qu’avant de faire quoi que ce soit avec lui ou elle, vous devrez d’abord passez du temps sur le débourrage ou la reconversion. Et s’il s’est blessé, à lui assurer les soins vétérinaires nécessaires à son bon rétablissement en plus de ce qui a été dit précédemment.

Bien sûr, vous pouvez aussi trouver des chevaux reconvertis totalement, prêt à vivre une aventure à vos côtés, mais ce cas est plus rare. En effet, la plupart des écuries travaillent le cheval à l’équitation de loisirs selon le temps passé à chez elle, les chevaux sont donc vendus en cours de reconversion, à un stade plus ou moins avancé.

Si vous prenez un cheval réformé pour son bas coût, gardez à l’esprit que ce n’est pas parce qu’ils sont moins chers, que leur entretien ne l’est moins. A ce titre, posez-vous la question suivante : Serez-vous capable de supporter financièrement les besoins de votre cheval au quotidien ?

Si vous voulez prendre un cheval blessé pour tenir compagnie à un copain – ou copine (et que vous faite cela en toute conscience) c’est une très belle initiative. Par contre, si ce n’est pas le cas, et que vous souhaitez faire du loisir avec votre futur destrier, dites-vous bien que plus le coût est bas, plus le cheval présente une blessure grave qui le rend non montable ou aura besoin d’avoir une période de convalescence (qui peut durer de quelques semaines à six mois de repos). Réfléchissez bien quel animal vous allez choisir et n’hésitez pas à en parler avec les responsables des écuries.

 Si vous achetez un cheval réformé pour « la bonne cause » ; C’est une jolie démarche que faites là ; mais tout comme vous pourrez le lire dans le paragraphe suivant, soyez sûr de vous. Sauver un cheval est un geste noble, mais il faut être capable de le gérer sur tous les plans…. Ce qui vous attends peut être une expérience incroyable, mais aussi un chemin semé d’embûches. Car ce n’est pas tout de savoir galoper, il faut aussi être patient, pédagogue, savoir se remettre en question, et enfin, savoir où aller et comment y aller.

Si vous voulez ce type de destrier par envie de challenge, c’est très bien, mais ce n’est pas un challenge que vous menez seul, il y a aussi ce cheval qui est sous votre aile.  Aurez-vous le temps de vous occuper de sa reconversion ? Aurez-vous la patience ? Avez-vous les « outils » pour bien vous y prendre avec lui ou elle ? Car s’il est aisé de faire tout à un cheval qui connaît toutes les ficelles de son « métier » ; il n’en est rien avec un cheval réformé qui débarque des courses pour entrer dans le monde du « loisirs », du galop bien cadencé, du saut calibré, des bonnes incurvations , selon ce que vous voulez en faire. La reconversion est un vrai travail à ne pas prendre à la légère.

Vous avez bien réfléchit ? Super ! Voici maintenant les 3 points positifs  pour acheter un cheval réformé :

Premièrement, parce que c’est une expérience très formatrice : Vous allez avoir un cheval soit tout vert, soit avec un passé derrière lui. C’est là que vos compétences équestres rentrent en jeux car vous allez devoir jouer le professeur avec tout ce que cela implique : Patience, pédagogie et méthodologie. Vous ne pouvez qu’en retirer quelque chose de très enrichissant.

Deuxièmement, vous sauvez des chevaux : Chaque place libérée dans les écuries leur permet de sauver un autre équidé.

Troisièmement, pour leur prix : Au lieu de payer un cheval d’élevage 10 000 €, vous investissez environs 1 100 € dans un animal avec un mentale d’acier, qui vous rendra au centuple ce que vous lui donnez, et fera approximativement la même chose que le cheval qui vous aura vous aura coûté un bras et deux jambes.

Maintenant que vous êtes prêt-e à faire votre choix, passons à l’aspect pratico-pratique.

Il y a deux solutions pour récupérer un cheval réformé des courses : Soit directement chez l’entraîneur ; soit chez un vendeur professionnel spécialisé dans la récupération et la valorisation des réformés.

Chez une écurie de reconversion

Les chevaux sont hors de danger, vous pouvez donc prendre le temps pour en discuter avec le responsable des chevaux. Cela vous permettra de choisir celui ou celle qui partagera sa vie avec vous, d’avoir des conseils sur le travail à faire etc. 

Ils sont soignésle temps que vous veniez le chercher.

Les chevaux sont toujours testés, parfois reconvertis, vous savez donc à quoi vous attendre et êtes accompagné dans l’achat de votre équidé reformé.

Chez l’entraîneur

Il y a (généralement) urgence, car beaucoup d’ écuries ne peuvent se permettre de verser des frais pour un cheval qui ne rapporte plus, au risque de couler toute l’entreprise. Son départ doit être alors organisé au plus vite. 

Pas de visuel sur les chevaux qui vont quitter les courses. En effet lorsque l’entraîneur décide d’enlever un de ces poulains de l’entrainement, trois solutions – les plus rapides – se présentent à lui : Le donner à quelqu’un qu’il connait, le vendre à un particulier, le confier à une écurie, ou la dernière solution des plus tragiques : le vendre à la boucherie. Les entraîneurs n’ont généralement pas le temps pour vendre eux-mêmes l’équidé et passeront prioritairement par leur réseau – comprendre leur réseau professionnel, amicale, et les écuries de reconversion qu’ils connaissent. Par conséquent, si vous voulez adopter un cheval sans passer par les écuries, il vous faudra faire le tour des hippodromes et contacter vous-même les entraîneurs. Sachez aussi que cette démarche prend du temps, et que les entraîneurs n’en ont pas, ou très peu à vous consacrer.

Quel réformé choisir ?

Les critères pour bien choisir son cheval sont les mêmes que si vous preniez un cheval normal, à quelques exceptions près.

Vous devez prendre en compte quatre choses importantes :

Avant toute chose, vous devez vous enquérir de son niveau de reconversion, du niveau nécessaire pour le monter, car les chevaux réformés ont pour la plupart, tout à apprendre de l’équitation auquel vous le destinez. A quelques exception près, il est conseillé d’avoir au moins le Galop 5. 

Sa race : Vous préférez les galoper ou trotter ? Pur Sangs Anglais, ou plutôt Trotteur Français ? Le choix de la race importe au niveau du travail à effectuer derrière, surtout avec les TF. En effet, il faudra apprendre à votre trotteur à galoper, chose qui n’est pas facile puisqu’ ils apprennent très tôt que cela leur est interdit. Il y a donc dès le départ un obstacle psychologique à surmonter. Quand cette barrière est enlevée, il faut réapprendre au cheval à utiliser son corps pour se propulser en avant (Même si certains y arrive mieux que d’autres).

Son âge : L’âge est un critère important selon ce que vous voudrez en faire tout de suite. Si vous choisissez un petit jeune (entre 1 et 4 ans) vous pouvez être sûr à 99 % qu’il y aura du travail derrière pour le reconvertir ou le débourrer à la monte. Si c’est le cas, il faut savoir gérer les jeunes chevaux, donc avoir un bon niveau d’équitation. 

Si vous prenez un cheval de course un peu âgé (4 ans et plus), vous aurez un dada qui connaît déjà un peu plus de chose, même s’il est conseillé d’attendre les 6 ans pour commencer vraiment le travail. Vous aurez bien sûr à le reconvertir à l’équitation de loisirs, sauf si l’écurie s’en est déjà occupé.

La concordance de caractère entre vous deux : Le cheval est un individu avec ses propres goûts. Pour quoi est-il fait ? Du dressage ? Du saut ? Des ballades ? A quoi le destinez-vous ? Car comme vous le savez sans doute, les chevaux sont comme les humains, certains aiment plus le dressage, d’autres s’éclatent en obstacle, d’autres encore vont préférer la randonnée… Il est étonnant de constater à quel point l’on peut coller parfaitement avec un animal et pas du tout avec un autre…

Alors, êtes-vous prêt ?

Informations :

N’hésitez pas à nous contacter si vous souhaitez apporter votre avis ou contribution à cet article, ou si vous souhaitez corriger certain paragraphe à titre professionnel ou propriétaire d’un cheval réformé des courses en nous envoyant un message.

%d blogueurs aiment cette page :