« Ma jument est une vraie championne »

J’ai acheté un ancien cheval de course !

Chloé cherchait un cheval, et elle est tombée sur Akhdariane, une championne en puissance qui est passée par le monde des courses, pour le plus grand bonheur de sa propriétaire. 

CRCV s’est lancé dans une série d’interview avec leur propriétaire afin de vous faire découvrir ce que c’est, réellement, d’acheter un cheval réformé des courses.

Les chevaux réformés ne sont pas des équidés comme les autres. Très tôt entraînés au galop ou au trot attelé, ils intègrent rapidement les codes de la course hippique : Courir vite et bien. Une fois réformés, ces chevaux nécessitent souvent un cavalier expérimenté. Généralement jeunes (entre 2 et 4 ans), ce sont des adolescents qu’il faut bien éduquer, parfois plus âgés (entre 5 et 10 ans), ce sont des adultes qu’il faut reconvertir à l’équitation de sport ou de loisirs. Adopter un réformé, c’est une vraie responsabilité. 

CRCV : Comment vous est venue l’idée d’acheter un cheval réformé des courses ?

L’idée d’acheter un cheval réformé des courses ne m’est pas venue ; je recherchais juste une jument non vicieuse apte à faire du loisir et à m’emmener sur quelques barres en concours.

Cependant, si l’idée ne m’est pas venue, je ne me suis pas fermée aux réformés pour autant : je suis plutôt du genre à juger au cas par cas.

 

CRCV : Pourquoi un cheval réformé et non pas un cheval « lambda » ?

Je ne m’étais pas forcément mis en tête d’avoir un réformé, je n’avais pas la maturité et l’expérience nécessaire pour pouvoir comparer un cheval réformé à un cheval « lambda » (de toute façon avant d’avoir ma jument, je montais sur des shetlands et des poneys B)

 

CRCV : Aviez-vous déjà établi des critères de sélection ou avez-vous attendu d’avoir le coup de foudre ? ou les deux ?

Mes critères de sélection étaient à ajouter à ceux de ma mère :  Je ne voulais pas de gris (à cause des mélanomes) ni d’hongre (en cas de grosse blessure, une jument peut toujours pouliner)

Pour ma part, découlant des critères de ma mère, je ne voulais pas d’entier car je ne me sentais pas capable d’en gérer un. Je souhaitais acquérir une jument de couleur ou au moins liste et balzanes, qui connaissait déjà les bases car je n’avais pas de repère à cheval. Elle devait donc avoir au moins 6 ans mais pas trop âgée non plus pour faire un petit bout de chemin ensemble. Et enfin, elle devait être respectueuse en main comme montée.

Et bien évidemment, lorsque tous ces critères étaient respectés, il fallait que le feeling passe lors de la première rencontre.

CRCV : Comment avez-vous trouvé votre future monture ?

Je l’ai cherché sur internet. Je n’étais pas partie pour trouver un cheval réformé des courses. Je voulais… juste un cheval !  J’ai mis de cinq mois pour la trouver.

 

CRCV : Vous n’avez pas acheté votre jument par le biais d’une écurie. Pouvez-vous nous présenter Akhdariane, votre cheval ?

Akhdariane est sortie des courses en 2008 il me semble, l’année de ses 6 ans. Après cela elle aura fait quelques mois de pré puis a été lancée sur une saison de horse ball au bout de laquelle elle a fini championne de France (avec son ancienne propriétaire). Cependant cette dernière l’a revendu car la jument était trop électrique avec un ballon dans les mains et surtout parce-que son cheval principal était remis sur pieds.

 

CRCV : Un jour, vous l’apercevez, elle vous plait, vous demandez à la voir. Comment s’est passée cette première rencontre avec votre Akhdariane ?

Quand j’ai vu l’annonce, je n’ai pas eu le « coup de foudre » ; en fait, l’annonce en elle-même n’avait rien de particulièrement attirant : Les photos étaient assez moches et de mauvaises qualités. Ce qui a décidé mon choix a été la vidéo postée. On y voyait la jument sauter des barres, et c’est son galop calme et cadencé qui m’a fait dire « oui, pourquoi pas, peut être appeler ».

Donc, nous avons appelé, et avons prit RDV. Ça a été assez magique :  Quatre heure de route où l’excitation était bien présente et puis, sortie de la voiture, elle était là, à peine sortie du pré, pas très grosse à la sortie de l’hiver et d’un calme olympien de voir débarquer une petite famille un peu bruyante.

Pansage, préparation et mise en carrière où j’ai d’abord dû trouver mes marques sur le plat (elle devait bien se marrer la jument avec mes jambes à peine en dessous du tapis). Lors de la détente, j’ai eu le droit aux avions et aux pompiers puisqu’il y avait un incendie dans des thuyas en contre haut : la belle a à peine broncher lorsque le plus gros des arbres à violemment craqué, une fois qu’elle avait vu, elle était à nouveau avec moi.

Ensuite, j’ai eu le droit à quelques barres (80 cm grosso modo) où elle se débrouillait comme elle pouvait puisqu’elle n’avait jamais vu d’obstacle depuis la réforme à part avec un cavalier pro, une fois, qui en avait déduit que « ça serait une bonne bête de club 2 ».

Enfin, j’ai pu aller faire un petit tour en forêt où elle a été très sage.

Et puis l’essai monté s’est terminé, j’ai dessellé la demoiselle et là, c’est le moment où j’ai vraiment compris à quel point c’était elle et pas une autre. Câline comme pas possible, elle faisait déjà attention pour nous deux, un bonheur.

Nous avons conclu l’affaire, c’est elle que je prenais ! Deux semaines après, son ancienne propriétaire faisait elle-même le chemin pour nous ramener la jument.

CRCV : Qu’est-ce qui vous a conforté dans le choix d’avoir elle et pas un autre ?

Sans aucun doute, c’est son semblant de bienveillance et sa bonne volonté. Bien entendu l’avis de ma mère – vétérinaire et qui tient le porte monnaie – qui a observé la jument sous tous les angles afin de s’assurer qu’elle soit saine m’a permis d’être « sûr » de mon coup.

 

CRCV : Votre cheval rentre avec vous, comment se passe les premières semaines / mois de relation entre vous et lui/ elle ?

Ça a dû être un peu rude pour elle : Elle est passée d’une pension pré avec abris à une pension box avec sorties quotidiennes. Cependant elle a toujours été calme et appliquée dans tout ce que je lui demandais.

Les bases de la gymnastique et le « vrai » dressage ont été un peu difficiles. En effet, elle a eu du mal à comprendre que les barres au sol ne se sautaient pas et que les barres réglées peuvent être passées au trot et ne se passait pas au galop en faisant des bonds de lapin. Sur le plat/dressage, elle avait tendance à être un peu pressée lors des exercices un peu compliqués.

CRCV : Quels problèmes liés à son passé de cheval de course avez-vous pu rencontrer ? 

Comme elle avait été déjà reconvertie, je n’ai jamais eu vraiment de problème, hormis le fait (et je ne peux pas trop lui en vouloir – que quand on est dans un très long champ avec des copains un peu chauds, elle a tendance à chauffer elle aussi.

 

CRCV : Comment avez-vous réglé ces problèmes ? Comment votre relation avec elle a-t-elle évoluée ensuite ?

Pour ce qui est des champs, il n’y avait pas eu grand chose à faire, à part la calmer quand elle était trop électrique.

Pour ce qui est de notre relation, je pense que nous sommes très complices Akhdariane et moi, et que cela s’est construit au fur et à mesure de ces sept dernières années.

Trois mois après qu’on l’ai acheté, on a fait notre premier CSO où on a signé notre première victoire et voilà que la bête était lancée, une véritable machine à gagner : Championne de Lorraine, championne interrégionale et des places au niveau départemental, on passe en amateur, on monte les barres et elle est toujours présente et souvent victorieuse ou classée … on aura cependant eu quelques moments de mou puisqu’on a pu constater que la belle était porteuse de 4 maladies des tiques en 2011 (dont deux qu’elle portera à vie), elle a eu quelques soucis de pied et surtout une fracture du bord solaire de la dernière phalange en avril 2013 qui l’arrêtera jusqu’en mai 2014.

Mais malgré ça elle est toujours revenue au top de sa forme, a participé à son premier CSI l’an dernier (qu’elle classera) et aura fini son été sur 130 et a une pêche d’enfer !

 

CRCV : Pour finir, quels conseils donneriez-vous à quelqu’un qui veut acheter un cheval réformé des courses ?

Je conseillerai à ceux qui veulent acheter ce type de cheval d’être patient car ils n’ont pas eu le même débourrage qu’un cheval « lambda », et d’être entouré de professionnels. Enfin, comme pour n’importe quel cheval, ils ne sont pas si différents.

Akhdariane

Un grand merci à Chloé pour son témoignage ! Vous aussi, vous avez acheté un cheval réformé des courses et souhaiteriez témoigner ? Envoyez-nous un message en cliquant ici 🙂

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