« J’étais la seule avec qui il avait été sympa, contrairement aux précédents visiteurs »

J’ai acheté un ancien cheval de course !

Entre Frédéric et Royal, c’est une longue histoire semée d’embûches, de remise en question, et de coups durs. Mais malgré le caractère difficile de ce cheval fougueux, cette cavalière aguerrit a décidé qu’elle y arriverait, et parvient peu à peu, à construire une relation hors du commun avec son destrier. 

CRCV s’est lancé dans une série d’interview avec les propriétaires des chevaux réformés des courses afin de vous faire découvrir ce que c’est, réellement, d’acheter un tel équidé.

Les chevaux réformés ne sont pas des équidés comme les autres. Très tôt entraînés au galop ou au trot attelé, ils intègrent rapidement les codes de la course hippique : Courir vite et bien. Une fois réformés, ces chevaux nécessitent souvent un cavalier expérimenté. Généralement jeunes (entre 2 et 4 ans), ce sont des adolescents qu’il faut bien éduquer, parfois plus âgés (entre 5 et 10 ans), ce sont des adultes qu’il faut reconvertir à l’équitation de sport ou de loisirs. Adopter un réformé, c’est une vraie responsabilité. 

 

 

CRCV : Comment vous êtes venu l’idée d’acheter un cheval réformé des courses ?

J’ai déjà été propriétaire de chevaux réformés…En fait, mon premier cheval était un trotteur réformé des courses, les suivants aussi. Mes parents n’avaient pas les moyens d’acheter des chevaux de sport, du coup nous allions chez un marchand travaillant avec des maquignons et élevant lui-même des trotteurs. Je ne connaissais pas vraiment leur sort à la base, je m’y suis attachée, j’ai travaillé un peu dans une écurie d’entraînement, et petit à petit j’ai compris que beaucoup de choses étaient différentes des chevaux de selle habituels croisés dans les manèges de la région.  

CRCV : Pourquoi un cheval réformé et non pas un cheval « lambda » ?

Dans le cas de Royal, je voulais racheter un cheval qui n’avait pas trop de chance d’être un cheval de sport comme ceux que j’avais eu et connus par le passé lorsque je montais en concours de jumping et où j’avais eu comme premier cheval de concours, un demi trotteur…Le destin ? Peut-être.

La vie me l’a un peu placé sur mon chemin d’un seul coup…Je voulais retrouver un jeune cheval à faire à ma main, trotteur car je connaissais leur bon caractère par les réformés que j’avais eu dans le passé, et selon moi le budget était plus abordable pour un cheval de promenade pour partir le weekend end … Retenez bien ce que je viens de dire, vous verrez à quel point la vie et le destin ont été étrangement « amusant » pour le coup.

 

 

CRCV : Aviez-vous déjà établi des critères de sélection ou avez-vous attendu d’avoir le coup de foudre ? ou les deux ?

Je voulais juste retrouver un jeune cheval de promenade, trotteur donc pour le caractère et pas non plus un trop froid, et s’il était alezan ça m’allait mais il fallait beaucoup de blanc…Je ne voulais pas qu’il me rappel mon cheval de concours.

Je voulais surtout un cheval brave et bien dans sa tête, qui avançait mais pas chaud…Bref, un cheval de loisir avec de la vie, mais qui soit fiable pour que je puisse monter sans trop de risques à cause de mes problèmes de genoux, cervicales et dos. Je voulais aussi un « petit » cheval, habituée aux bacs de 175 au garrot minimum, je devais vraiment trouver un cheval de petite taille qui me permettrait de pouvoir remonter sans trop de mal au cas où je devrai descendre.

 

 

CRCV : Comment avez-vous trouvé votre future monture ?

C’est là que l’on rentre déjà dans le vif de notre histoire à tous les deux…Depuis pas mal d’années j’avais arrêté de monter régulièrement, à cause de mes problèmes de santé.  Je montais à l’occasion, donc autant dire 3 à 6 heures à cheval sur une année…J’essayais de faire mon deuil après avoir été dégoûtée et surtout démolie moralement, et avoir appris que j’étais atteinte d’arthrose et de problèmes ligamentaires et tendineux. Tout un programme. Mais je dépérissais clairement, je me mentais et petit à petit alors que j’étais installée en Normandie depuis quelques mois, j’avais tendance à parler de temps en temps d’un projet de prendre un nouveau cheval, à l’avenir, donc sans date ni période précise…

Un soir où j’étais avec mon compagnon dans l’appartement de sa mère, il consultait le journal et d’un coup il m’a tendu la page des petites annonces où était affiché ceci « Vend, hongre trotteur français prenant 4 ans, va atteler et monté » …Rien de plus.

Je me rappel m’être dit que ce ne serai pas mal d’aller le voir, par simple curiosité et même, honnêtement, pour pouvoir me rapprocher un peu d’un cheval et voir si j’avais encore ce que j’avais avant…Et même remonter un peu, un petit peu me suffisait.

Allez savoir pourquoi, j’ai insisté comme pas permis pour appeler l’annonceur dès le lendemain matin, je me suis même disputé avec mon compagnon parce qu’il traînait un peu trop à mon goût…Et une fois qu’il à appeler, le rendez-vous était fixé pour deux jours après…Très franchement, je me rappelle que j’étais à la fois heureuse, impatiente, mais que je me refroidissais aussi d’un autre coté…Ce n’était peut-être pas une bonne idée ? Et si par hasard ça allait, qu’est-ce qu’on allait faire ? Et si je ne savais plus monter ?

En bref…C’était clairement un coup de hasard teinté d’un coup de tête…Comme à chaque fois que je faisais acquisition d’un cheval, et ce, depuis ma première petite ponette…Ça doit être ma marque de fabrique lol !

 

CRCV : Un jour, vous l’apercevez, il/elle vous plait, vous demandez à le/la voir. Comment s’est passé cette première rencontre avec votre cheval ? (On veut TOUT savoir ;-))

Le jour de la visite, sincèrement j’imaginais tout et rien…Je le voyais bien alezan, pourquoi pas alezan crin lavé, beaucoup de blanc, Et en arrivant dans l’écurie, le propriétaire nous a accueillit et nous annonce que « Roy’ » Quel nom… je me suis dit ! était en prairie. Je l’ai suivi à l’arrière et là dans un paddock en herbe, deux alezans. Un plus costaud, alezan, des bonnes balzanes et une grosse belle face…Et un autre, plus criquet, alezan, une petite balzane et une liste un peu tordue, mais un air qui m’a frappée comme un coup de massue…Honnêtement l’espace d’une seconde j’espérais que ce ne soit pas le second, pas qu’il n’était pas beau, mais il me rappelait trop mon cheval de concours… Mais ça n’a duré qu’une fraction de seconde.

Pourquoi ? Car quand nous sommes arrivés au milieu du paddock les chevaux sont arrivés, et Royal en premier. Il avait une taille « normale » et une tête de poulain…Il est venu en premier vers nous et vers moi, je l’ai caressé et ça m’a fait un bien fou. Je ne sais pas comment expliquer ce qui est passé en moi à ce moment-là. Je n’irai pas jusqu’à dire que j’étais amoureuse, mais il me plaisait bien.

Je l’ai préparé moi-même sans rien demander, c’était normal pour moi…Il était vraiment brave et s’endormait quand je le brossais, plus rien n’existait autour.

Quand je l’ai essayé, je n’en menais pas large, mais avec ma d’ancienne cavalière de concours, pas question de montrer mes appréhensions ! Bon il avait du sang, il était vraiment léger en bouche, ne regardait à rien, il ne voulait pas rester à l’arrêt. A savoir que l’essai s’est fait non pas en carrière mais directement en promenade, nous avons rencontré des chiens, Royal n’a même pas bougé, nous sommes allés dans les bois, les premières foulées de trot étaient énergique mais rien de rapide, et le galop j’ai eu un peu de mal à trouver les boutons, j’avais une appréhension mais j’ai réussis à l’avoir même si je me tenais à la crinière les premiers mètres…En plus, petit cheval contrairement aux grands chevaux, il y a quand même un petit monde de différence, et Royal ne manquait pas d’énergie et de sang, mais bon je ne cherchais même pas à le travailler ou chipoter puisque c’était pour du loisir.

Sur le chemin de retour, j’ai finis par lâcher les rênes et retirer mes étriers, toujours un peu sur mes gardes au cas où mais je me rappelle surtout que les larmes me sont montées aux yeux.

 

CRCV : Qu’est-ce qui vous as conforté dans le choix d’avoir lui et pas un autre ?

Je ne sais pas, ça peut paraître dingue mais comme avec tous les autres avant lui, j’étais juste heureuse avec lui et je ne sais pas comme l’expliquer ni vous dire pourquoi, mais c’était lui. Je ne me voyais pas essayer d’autres ou attendre…En entendant ensuite le propriétaire expliquer que j’étais la seule avec qui il n’avait pas fait de cinéma, et qu’il avait été sympas, contrairement aux précédents visiteurs – Un professionnel venu l’essayer pour une élève afin d’en faire un cheval de CSO du coté de Paris –  et avec qui le courant n’était absolument pas passé à cause d’un rapport de force, vraiment ça m’a décidé. Et le fin mot a été donné par les propriétaires qui ont baissé le prix assez bien car selon eux,  « le feeling était passé et ça se voyait »

 

CRCV : Votre cheval rentre avec vous, comment se passe les premières semaines / mois de relation entre vous et lui/ elle ?

Royal a toujours été très sage à pied, éveillé, joueur, … Au début, monté en piste il n’était pas toujours très facile, il testait un peu mais rien de vicieux à ce moment-là. J’ai commencé le travail en longe pour lui apprendre à moins se tenir, il apprenait à grande vitesse, c’était impressionnant. En trois séances à peine, il avait compris qu’étirer son encolure lui faisait du bien.

J’ai laissé le travail sous la selle pour travailler en longe, l’assouplir, l’aider à avoir encore un peu plus d’équilibre car il en avait déjà beaucoup naturellement. Plus les semaines passaient et plus il s’améliorait et avançait dans le travail « classique ». En promenade, c’était toujours très en avant, il n’avait peur de rien du tout, et moi je m’habituais petit à petit en essayant de trouver ma place.

Un jour, j’ai quand même voulus essayer de le faire sauter un peu en liberté… Et bien, il adorait. Il galopait et revenait sans arrêt sur la barre, j’ai dû démonter l’obstacle avec lui qui n’arrêtait pas de revenir dessus. C’est là que j’ai eu le déclic, ou plutôt une petite partie du déclic. Mais je n’ai pas continué sur l’obstacle par la suite, il avait un bon coup de saut, mais étant donné que dans ma tête je ne pouvais plus sauter ni monter de manière plus poussée, je n’allais pas continuer…En tout cas, pendant les premières années.

Nous avons fini par changer d’écurie, et suite à des problèmes personnels nous l’avons laissé grandir tranquillement jusqu’à ses 6 ans, là il est arrivé en Belgique où je me trouvais à ce moment-là. Autant je sais que j’ai bien fait de le laisser se finir car d’un petit cheval de 163 au garrot…J’ai retrouvé un cheval de 173 au garrot, avec plus de force, plus de caractère dominant et qui avait pris conscience de sa force et savait l’utiliser quand il le voulait.

C’est là que la phase la plus sombre de notre relation a commencé…

 

CRCV : Quels problèmes liés à son passé de cheval de course avez-vous pu rencontrer ?

Contrairement à d’autres, Royal n’avait pas de problèmes particuliers liés à son passé…J’ai appris il y a peu qu’il n’était pas facile, il avait fait une première phase d’entraînement dans le Calvados et avait été ensuite du coté de Bordeaux où son ancien propriétaire l’avait acheté avec d’autres pour l’attelage de maniabilité.

Naturellement ou plutôt morphologiquement, il était vraiment fait comme un cheval de selle lambda, à l’exception qu’il se levait et savait le faire pour impressionner et pour ne laisser aucune possibilité. Tant qu’on ne l’ennuyait pas et qu’il était d’accord, ça allait, mais s’il décidait qu’il ne voulait pas, il commençait à chercher le conflit et ne cédait pas, et il se cambrait, reculait pour se mettre dans le coin de la piste ou faisait des demi-tours à tout de bout de champ, on avait beau essayer, c’était peine perdue.

De plus, la castration un peu tardive n’avait pas aidé. Mon véto soupçonnait une castration un peu mal faite, et a tenu à la vérifier. Je ne cache pas que j’ai commencé à en avoir vraiment peur, car si je chutais mal, je risquais des complications, et face à son caractère, sincèrement je n’en menais pas large du tout…De plus, par rapport à avant, il était devenu vraiment sanguin malgré la nourriture repos et la vie dehors, je n’avais jamais eu un cheval avec un sang comme ça, et niveau caractère, oui c’était positif pour le sport mais pour moi, qui à ce moment voulait juste monter pour le plaisir et sans se prendre la tête, il était vraiment très impressionnant.

Les séances devenaient des quarts d’heure, puis 5 minutes en piste…Souvent je ne savais même pas faire un tour complet de la piste sans qu’il ne reprenne le dessus et se braque dans le coin. Je me suis remise en question continuellement, à tel point qu’en prenant toujours le mur, même quand ça semblait fonctionner quelques séances, j’ai perdus complètement confiance en moi et j’avais l’impression de ne plus savoir monter.

J’ai fait appel à des comportementalistes qui m’ont confirmé qu’en règle général, les chevaux sont isolés des autres assez tôt pour l’entraînement, et que cela pouvait des troubles du comportement avec ses congénères. Dans le cas de Royal, c’est en ayant eu cette période de jeunesse tranquillement, sans travail, avec d’autres chevaux à coté au pré et en ayant découvert sa force, que son caractère dominant s’est éveillé. Bon, au départ j’étais un peu sceptique car je n’avais jamais vu ça par le passé, mais finalement il n’y a que cette explication qui puisse plausible puisque même avec les autres chevaux, il était dominant et semblait ne pas trop comprendre certains signaux en troupeau, au début en tout cas.

 

CRCV : Comment avez-vous réglé ces problèmes ? Comment votre relation avec elle a-t-elle évolué ensuite ?

Je me pris une baffe en pleine poire en fait. Les premières années, j’ai continué le travail à pied en essayant de trouver des parades pour travailler certaines choses « montées » tout en étant en longe ou à pieds…

J’avais essayé plusieurs choses en me disant que la discipline ne lui convenait sans doute pas, tout en luttant contre moi-même pour travailler Royal à l’obstacle. Le spectacle à pied ?  Ca ne l’intéressait absolument pas, tout ce qui retenait son attention, c’était la carotte ou le bonbon, et une fois qu’il en avait marre ou se déconnectait, et que l’on insistaient un peu trop, il se fâchait…

Le dressage pur ? … Toujours là, les coins fatals…Et quand ça allait, il ne supportait pas d’être contenu, de plus les méthodes ne convenaient pas tout à fait donc, il se braquait et on pouvait insister pendant trois quart d’heure, même quand on cédait, il continuait à dire « zut »…

La promenade ? Oui il aimait bien, mais au bout d’un moment quand il décidait qu’il ne voulait pas y aller, on pouvait danser sur sa tête, il se levait et faisait demi-tour ou prenait la main pour partir sur le côté, et un jour une voiture est arrivée en face et j’ai vraiment eu peur.

Allez savoir pourquoi, je me suis dit finalement « Tiens, pourquoi ne pas essayer de le faire sauter un peu une fois par semaine pour voir si ça ne va pas l’amuser et le calmer un peu pour le rester de la semaine ? » … Je m’y suis mise, et effectivement il a montré des signes évident. Il s’amusait même déjà à se mettre en difficulté tout seul et s’en sortait comme si il avait fait ça toute sa vie…Venir de biais, sauter en tournant, et par-dessus tout ça, il avait vraiment un coup de saut à exploiter.

Nous avons changé d’écurie, et là j’ai vraiment commencé le travail sérieux à l’obstacle avec lui, toujours à pied 9 fois sur 10, j’avais mal, et il y avait toujours les mêmes soucis en plat ou en promenade donc je n’étais pas franche avec lui…Nous avons été aidés, et petit à petit, les choses se sont mises en place. Royal adorait vraiment sauter, et plus le temps passait et plus il s’exprimait et montrait de belles qualités de sauteur.

Vous voulez savoir comment je peux affirmer qu’il aimait ça (et aime toujours) ? Je lui mettais un obstacle le long du pare botte, et il venait dessus tout seul, il s’amusait déjà à venir super court ou faisait demi-tour deux foulées après la réception pour repartir sauter dans l’autre sens… Et moi j’étais au milieu de la piste en essayant de le calmer un peu car il m’a déjà fait peur en venant parfois un peu trop vite ou trop court.

Pour régler le problème quand il se cambrait ? Un ami cavalier à mit sa main au-dessus de sa tête, et en se levant comme une brute, il est venu se taper la tête contre la main, depuis il ne s’est plus jamais levé…

Pour reprendre ma place de « dominante » avec lui ? Un jour j’ai fini par avoir assez de courage pour lui tenir tête, on a reculé de pas mal de mètres en pleine promenade, il faisait demi-tour sur les postérieures, je le remettais directement dans le bon sens, il recommençait, je faisais de même…Et à un moment il a cédé. Bon, ça lui arrivait encore de temps en temps de tester, mais petit à petit tout s’est arrangé, années de repos obliges soit parce que je ne pouvais pas monter car trop mal, soit parce que je n’avais plus le temps de le monter régulièrement, soit parce qu’il était malade…

Franchement ? Il a 12 ans, et si je calcule bien…Il a nettement moins de 5 ans de « travail » sur sa vie. Plus préservé, je ne sais pas ce que ça peut être lol, Mais on va dire que ça nous a fait du bien, et puisque nous avons travaillé sur notre relation à pieds en grande partie, on a fini par se comprendre et se connaitre vraiment, même si j’ai encore de grosses appréhensions.

Je crois intimement qu’on se ressemblent plus qu’on le pense tout en étant complémentaire. Les périodes vraiment sombres, quand il est tombé malade et que je le voyais déjà à la retraite à 6 ans et demi…Je l’ai soutenu à fond sans rien lâcher, et quand je ne suis pas bien, c’est lui qui me tient. Le plus frappant dans l’histoire c’est qu’il sent quand j’ai vraiment mal ou que je n’ai plus de force, dans ce cas, il est perturbé, s’énerve ou alors il compense pour m’aider. Bon ce n’était pas du tout comme ça avant, mais c’est ainsi que c’est devenu en 2016.

On a un deal tous les deux, des routines, Je sais comment le prendre maintenant et comment il réagit, quand il faut que je me remette en question. Et lui est bien dans sa tête tant qu’il peut sauter une fois par semaine et que je ne cherche pas à le prendre « de face », il faut prendre les petites routes si on veut travailler vraiment. Bon bien sûr, si on va dans son sens, il ne va sûrement pas enquiquiner son monde.

Même s’il a de belles dispositions pour du dressage, puisque ça ne lui plait pas, on se tourne vers le complet… Guerrier comme il est, je suis certaine que ça ira. Par contre, c’est vrai qu’on est souvent « seuls », qu’on doit se débrouiller un peu tout seuls, quoi que maintenant, niveau obstacle j’ai trouvé quelqu’un qui va dans notre sens, qui n’impose pas, qui croit en lui surtout car ça ne court pas les rues même s’il montre qu’il a du potentiel. C’est plus dur, plus long, mais je remarque que je prends moins de murs quand je monte au feeling…Tout en évitant la monte « un peu forte » qui va le braquer, ça n’a pas changé. On a trouvé notre équilibre en coupant la poire en deux, et je commence à reprendre petit à petit confiance en lui, mais le chemin est encore à faire pour que j’ai une confiance aveugle en lui, tout comme il faut que je retrouve ma confiance en moi, et que je fasse aussi en sorte de ne pas avoir trop mal pour ne pas le déranger.

Bon, par contre… Je dois vraiment le freiner car il a tendance à faire beaucoup dans l’exagération à l’obstacle, et je ne cache pas que j’ai du mal à me faire à sa puissance.

 

CRCV : Pour finir, quels conseils donneriez-vous à quelqu’un qui veut acheter un cheval réformé des courses ?

Honnêtement, la première chose est de se retirer tout de suite l’amalgame voulant qu’un trotteur est d’office : Brave, gentil, doux, … C’est ce que j’ai toujours connus jusqu’au jour où Royal est arrivé dans ma vie.

Ce ne sont pas des chevaux à mettre dans toutes les mains, il faut être entouré, et surtout savoir vraiment se remettre en question, analyser les choses, prendre son temps, essayer des méthodes, Et pour la plupart, savoir avoir ses propres limites. Là je parle pour les trotteurs ayant vraiment le caractère « habituel », ils peuvent tout vous donner même s’ils savent qu’ils n’en sortiront pas, c’est à vous de savoir vous limiter.

Mais si vous êtes certain-e-s de réussir, que vous avez quelque chose qui passe, et que vous savez vous entourés de personnes connaissant ces chevaux, alors foncez. C’est une aventure et une expérience unique, qui n’a rien à voir avec ce que vous pourrez vivre avec un cheval de selle, même si chaque cheval est différent là n’est pas la question, mais même si par moment vous risquez de caler ou de voir votre travail revenir en arrière, ne lâchez pas, vous verrez quels sentiments vous aurez.

Ne vous braquez pas sur une monte ni sur ce que vous savez, il y a une belle citation qui convient bien…délaissez la technique et montez avec votre cœur.

Avec Royal on peut dire que j’en ai vu et sentis de toutes les couleurs…J’ai pleuré, j’ai ris, j’ai souris, j’ai été en colère, j’ai été perdue, mais j’ai toujours été fière de lui, et c’est le plus important quand on aime son cheval.

Un grand merci à Chloé pour son témoignage ! Vous aussi, vous avez acheté un cheval réformé des courses et souhaiteriez témoigner ? Envoyez-nous un message en cliquant ici 🙂

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