« J’ai su que c’était lui quand il a posé sa tête sur mon épaule. »

J’ai acheté un ancien cheval de course !

 Sandy, cavalière depuis 15 ans, craque complètement pour un Pur Sang Anglais alors qu’elle était venue pour un autre cheval. Aujourd’hui, elle est l’heureuse propriétaire de Grand Prestige, acheté en 2014. Voici son histoire.

CRCV s’est lancé dans une série d’interview avec leur propriétaire afin de vous faire découvrir ce que c’est, réellement, d’acheter un cheval réformé des courses.

Les chevaux réformés ne sont pas des équidés comme les autres. Très tôt entraînés au galop ou au trot attelé, ils intègrent rapidement les codes de la course hippique : Courir vite et bien. Une fois réformés, ces chevaux nécessitent souvent un cavalier expérimenté. Généralement jeunes (entre 2 et 4 ans), ce sont des adolescents qu’il faut bien éduquer, parfois plus âgés (entre 5 et 10 ans), ce sont des adultes qu’il faut reconvertir à l’équitation de sport ou de loisirs. Adopter un réformé, c’est une vraie responsabilité. 

CRCV : Comment vous êtes venu l’idée d’acheter un cheval réformé des courses ?

Sandy : J’ai toujours été passionnée par les chevaux et encore plus les Purs Sangs. Depuis 10 ans, je montais en centre équestre, et c’est lorsque j’ai rencontré ma coach Julie, qui avait un Pur-Sang Anglais réformé que j’ai eu le déclic : Je voulais le même !

La même race et tout ce qui va avec. De plus j’ai appris que par le biais d’une de vos écurie partenaire que l’on offrait une nouvelle vie à un cheval qui ne faisait pas « l’affaire ». J’ai donc voulu en sauver un. Depuis que j’ai mon cheval ma devise c’est « offre lui une seconde chance, et il t’offrira une seconde vie ».

CRCV : Pourquoi un cheval réformé et non pas un cheval « lambda » ?

Sandy : Car c’était un challenge, et c’en est encore un. C’est un combat de tous les jours avec eux. De plus ce sont des chevaux très tôt éduqués pour la course, et je trouvais que l’idée de les reconvertir à l’équitation de sport ou de loisirs pouvait s’avérer formateur pour moi.

Puis à vrai dire, à partir du galop 5 on apprend plus énormément, on a des chevaux formatés au loisir, qui font tout, qui n’ont plus vraiment l’envie d’apprendre et qui vous font plaisir. C’est donc pour cela que j’ai cherché un cheval compliqué pour évoluer dans mon équitation et en même temps, être utile pour lui et le sauver. De plus, avec les années je me suis aperçus que ce sont des chevaux qui donne énormément, ce sont de vrais guerriers qui donnent tout ce qu’ils ont. Ils sont beaucoup plus courageux que n’importe quel cheval « lambda ».

 CRCV : Aviez-vous déjà établi des critères de sélection ou avez-vous attendu d’avoir le coup de foudre ? ou les deux ?

Sandy : J’avais établi des critères de sélection : Je voulais un très jeune cheval 4 ans maximum, dans le sang et plutôt foncé et je souhaitais en même temps avoir le coup de foudre, quelque chose qui me fasse dire « c’est lui que je veux ».

Finalement je suis reparti avec un 8 ans, plutôt calme. Dés que je l’ai vu, je me suis dit « C’est lui que je veux ».

CRCV : Comment avez-vous trouvé votre future monture ?

Sandy : J’ai recherché sur internet. Cela faisait bien un an que je voyais des superbes chevaux mais mes parents étaient très retissant à l’achat d’un cheval, il a donc fallu que j’attende mes 18 ans et que je travaille avant de pouvoir m’en acheter un.

J’avais trouvé une jument superbe de 4 ans, j’ai donc pris rdv avec l’écurie pour aller la monter.

CRCV : Un jour, vous l’apercevez, il vous plait, vous demandez à le voir. Comment s’est passé cette première rencontre avec votre cheval ?

Sandy : A la base, J’y suis allée pour monter cette fameuse petite jument de 4 ans, une petite AQPS, bai. La prise de décision quant à son achat a pour le moins été très rapide.

Ce jour-là, je suis arrivée à l’écurie, j’ai été accueilli par le responsable et sa compagne. J’ai vu au loin dans le premier pré un cheval magnifique, j’ai alors demandé des informations, mais il était réservé et attendait la caution.

Alors nous nous sommes dirigés vers la petite AQPS. Elle était montée par le cavalier qui s’en occupait. Quand ce fut à mon tour de la monter pour l’essayer, elle était vraiment trop speed pour mon petit galop 5. Elle m’a fait peur. Je ne pouvais pas l’acheter.

En parallèle, je pensais toujours à ce beau cheval que j’avais vu. Je n’arrêtais pas de le regarder, magnifique, je me disais « c’est lui que je veux », et comme il attendait la caution et donc qu’il n’était pas vraiment réservé, j’ai eu le droit de l’essayer et ce fut le coup de foudre ! Je l’ai vu monté (par le cavalier, ndlr), il était magnifique, et quand je l’ai monté, je me suis dit que c’était lui que je veux.

Le seul problème est qu’il était hors budget… J’ai donc dû parler avec mes parents afin de les convaincre d’ajouter de l’argent, ils ont fini par accepter.

CRCV : Qu’est-ce qui vous as conforté dans le choix d’avoir lui et pas un autre ?

Sandy : Eh bien, quand je suis retournée le voir dans son box après l’avoir monté, que je suis rentrée dedans, et j’ai su que c’était lui quand il a posé sa tête sur mon épaule. Et quand j’ai dû m’en aller, ce fut le déchirement, il hennissait beaucoup et je pleurais… de joie, de déchirement, tout ce mélange. Mais, au final, je l’avais, j’étais enfin propriétaire !

CRCV : Votre cheval rentre avec vous, comment se passe les premières semaines / mois de relation entre vous et lui ? Quels problèmes liés à son passé de cheval de course avez-vous rencontré ?

Sandy : A vrai dire, pas comme je le pensais ! Les premiers mois ont été catastrophique. Je ne savais pas travailler un cheval, on ne m’avait jamais appris ça en cours. Il était hébergé dans mon ancien club qui se trouve à côté d’un hippodrome ! Quelle erreur j’ai faite ! La semaine se passait relativement bien mais dès le dimanche où il entendait les chevaux courir, il devenait fou ! Je me rappelle que parfois, j’avais peur d’entrer dans son boxer car il tapait comme un fou dans la porte pour sortir.

En main il était très irrespectueux. Je ne compte plus le nombre de fois où il m’a bousculé et m’a fait tomber. Quand je le tenais en longe, il tirait, il ne cherchait pas à savoir si quelqu’un le tenait. D’ailleurs, à mon centre équestre, on n’en voulait plus. L’ambiance là-bas, ne lui ne plaisait pas, et en plus il attaquait les palefreniers.  Je me rappelle qu’un jour, j’avais retrouvé des coups de fourche sur les fesses de mon cheval !

Après, en monte il était pareil, contre ma main, il galopait toujours, soit sur place si je ne voulais pas, soit à fond limite à en tomber.

Au bout d’un moment, j’ai commencé à regretter mon choix. J’ai beaucoup pleuré.

CRCV : Comment avez-vous régler ces problèmes ? Comment votre relation avec elle a-t-elle évolué ensuite ?

Sandy : Je ne comprenais pas pourquoi il me faisait tout ça, alors je m’énervais toujours contre lui, on ne s’entendait pas du tout, j’étais dur dans ma main, il se braquait tout le temps, en saut il chargeait les obstacles.

Je n’avais plus réellement envie de le monter. Puis grâce à ma coach et aux soutiens de mes amis cavalières, je me suis relevée, et j’ai changé de stratégie. J’ai appelé une professionnelle afin de m’aider à comprendre mon cheval et ça nous a été très bénéfique.

J’ai compris que c’était à cause de mes problèmes qu’il était comme ça. Je venais le monter alors que j’étais déjà énervée. Et il essayait de prendre sur lui mais il n’y arrivait pas. Je m’en suis tellement voulu ! Nous avons donc commencé le travail à pied avec cette professionnelle et c’est comme cela que l’on a commencé à jouer, à se comprendre. C’était encore fragile hier, mais nous nous améliorons chaque jour !  Et aujourd’hui, on se découvre encore, même après 2 ans de vie commune.

CRCV : Du coup, au jour d’aujourd’hui, où en êtes-vous avec lui ?

Sandy : Nous sommes très proche ! Quand j’arrive au club alors qu’il est au pré klaxonne avec ma voiture et il hennit et arrive à sa porte. On est fusionnel, il est très bien dressé. En main toujours à côté de moi mais à sa place. Il ne bouge plus, il avance quand j’avance, s’arrête quand je m’arrête. À monter il est beaucoup plus calme même si c’est relatif. Il reste dans le sang, à l’obstacle il se pose de plus en plus, j’ai confiance en lui comme personne, je sais qu’il a eu du mal à me faire confiance mais maintenant, il me donne tout ce qu’il peut !

Pour finir, quels conseils donneriez-vous à quelqu’un qui veut acheter un cheval réformé des courses ?

Sandy : Je conseil d’être très bien entouré, que la personne sache ce qu’elle achète, de passer par des professionnels. Il faut que la personne soit prête et comprenne que ce sont des chevaux compliqués, et que ce ne sont pas des chevaux de club. Ce sont des chevaux géniaux mais qui reste compliqué. Ma coach m’a toujours dit qu’avec les pur-sang il fallait avoir une main de fer dans un gant de velours.

Un grand merci à Sandy pour son témoignage ! Vous aimeriez participer ? Envoyez nous à message par le biais de notre Formulaire Contact 🙂

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